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De la salle au rocher

Grand écart de la grimpe

10 octobre 2006, 

De la grimpe en compet au rocher...
Du stress au pied du mur à la sérénité en haute montagne...

Du mur en résine au rocher en haute montagne, il n?y a qu?un... GRAND pas. Ce pas, j?ai décidé de le franchir ce printemps et cet été.

Tout le monde connaît Internet pour trouver l?âme s?ur, je n?en avais pas besoin et l?utilité n?est pas démontrée ! Pas contre, pour trouver un compagnon de cordée, cela peut être utile. C?est donc comme cela qu?au printemps, j?ai rencontré quelqu?un passionné comme moi et prêt à foncer sans se poser trop de questions.

Chloé dans Triple Directe - 7a - vue sur le Trident

Au départ, nous nous sommes contentés des grandes voies en TA à Presles et au Verdon (comme la particulière « Devil?s hooks » à Presles et « l?Estamporannée » au Verdon). Ensuite nous avons visé, plus loin, plus grand, plus haut et plus impressionnant.

Nous voilà donc fin juillet prêts à prendre la benne de la Grave, pour rejoindre le Refuge du Promontoire. On peut voir sa majesté la Meije prête à être grimpée.
Lever matinal le lendemain avec un temps ensoleillé, nous sommes plus que motivés pour notre 1ère ascension (Les grimpeurs se cachent pour ouvrir ED- voie équipée). Après 45 mètres de descente en rappel et 1h de marche sur glacier nous arrivons au pied de la voie à 3000 mètres d?altitude. Nous enlevons nos chaussons dans la neige et nous voilà partis dans la 1ère longueur. Une quinzaine de longueurs nous attend, pour finir au top de la voie 500 mètres plus haut. Nous les enchaînons rapidement en réversible. Nous sommes contents d?arriver au-dessus et cela nous a aussi permis de repérer ce qui nous attend demain. Ce sera alors 800 mètres de grimpe sans compter la traversée des arêtes et la descente dans la vallée (via le Refuge de l?aigle)!

Triple Directe - 2e longueur - 6aLe jour suivant, réveil à l?aube. Vu le monde, la gardienne a préféré scinder les réveils en deux temps. Nous avons la « chance » de faire partie du 1er groupe à 3h30. Nous nous dépêchons donc pour être dans les premiers à partir dans la Voie Allain. Nous attaquons le départ à la lampe frontale et en grosses. Incomparable à la grimpe en chaussons sous les flash des appareils photo en compétition.

Après plusieurs longueurs, le lever du soleil vient nous chatouiller le bout du nez. Nous allons enfin pouvoir commencer sérieusement à nous y mettre d?autant plus que nous n?avons pas la vie devant nous ! En outre, l?orage est annoncé en fin de journée. Nous pouvons apercevoir le refuge bien loin en dessous de nous, mais il nous reste encore bien des mètres à parcourir...

Si en compet, il est important de savoir cliffer vite. Ici, tout se joue dans la pose des coinceurs et des friends. Trouver les bons endroits, vite et facilement est indispensable. Apres 7 heures d?ascension, nous arrivons sains et saufs... même si j?ai reçu de la cordée qui nous a gentiment « accompagnés », deux pierres, une sur chaque épaule (pour pas faire de jalouses).
Arrivés au sommet du grand pic de la Meije, nous reprenons des forces en compagnie de l?autre cordée. La vue est splendide et nous le méritons bien ! Autre constat: si en compet, on se sent emporté par le public, ici on est apaisé par la nature et l?effort fourni.

On n?est pas encore au bout de nos peines, il nous reste à traverser les arêtes pour rejoindre le Refuge de l?Aigle. Ici, ce qui compte c?est la recherche de l?itinéraire : descendre en rappel, remonter, descendre en rappel, remonter? C?est comme ça qu?on arrive au Doigt de Dieu. Là, on sent la fin arriver ! Il ne nous reste plus que 3 rappels. Je me prends une petite douche de glace dans le dernier. Nous arrivons au refuge vers 16h. Une longue descente sur un bout de glacier et un interminable pierrier nous amènent enfin vers 19h dans la vallée. Une fameuse course qui vaut le coup d?être réalisée !

La Combe maudite et le Grd Capucin

Régis et moi, nous ne souhaitions pas en rester là. Après une journée de repos, en route pour Chamonix ! Nous prenons le tunnel du Mont Blanc direction l?Italie et plus précisément le refuge Torino. Avec des sacs énormes, remplis de friends, de cordes, de nourriture et de tout le matos pour bivouaquer, nous partons pour la Combe Maudite à 3400 mètres (d?ailleurs, je ne sais pas ce qu?elle a de maudite, c?est magnifique !). Nous avons prévu de rester plusieurs jours au Grand Capucin, pour faire plusieurs perfs. Malheureusement, le mauvais temps aura raison de notre motivation. Nous ne pourrons faire qu?une seule voie, mais pas n?importe laquelle : Triple directe, ABO-. Il est 11h30 lorsque nous avons terminé de planter la tente et que nous nous engageons dans la voie. Il fait déjà mort chaud, nous partons donc avec une seule couche mais on sera bien vu au sommet car il fera mort froid !

Notre tente vue du sommetDans cette voie, on ne peut compter que sur soi-même et sur son mental (c?est ce qui en fait la difficulté). Seuls les relais et les pendules sont équipés et il y a quelques spits dans la dalle où la pose de friends est impossible. Les longueurs s?enchaînent avec trois longueurs "d?Elixir d'Astaroth" (6b, 6a, 6c), 9 de "Voyage selon Gulliver" (6a, 6c, 6b, pendule+7a, 5+, 6b, 6c, pendule+6c+pendule, 5+) et la dernière longueur de "Panoramix" (7c). On peut échapper à celle-ci en faisant la dernière longueur de "Voyage" (5+). C?est ce qu?on a fait car le temps se couvrait et il faisait glacial. De plus il était déjà 18h et il fallait encore tout descendre. Heureusement, on ne met pas trop de temps (1h30), même si on a galéré pour trouver les rappels !

Il est presque 20h lorsque Régis et moi, on arrive à la tente, bien contents de pouvoir se réchauffer et manger quelque chose. On s?endort vite face au coucher de soleil. RING, RING le réveil sonne! Régis a du mal à se lever mais il n?a pas tort car dehors ce n?est pas top ! On se lève doucement en mangeant un petit bout. Très vite, on décide de « s?arracher » pour ne pas se prendre la neige. Une petite pause pipi et c?est parti... dans la crevaaassseee ou presque.

Le temps se gâte

Ouf! Il s?en est fallu de peu que je doive ressortir mes bases de mouflage !

Chloé Graftiaux

 


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