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Rencontre avec Silvia Vidal

Rencontre avec Silvia Vidal

Une soloiste hors pair

19 janvier 2011, 

Au mois de décembre dernier Silvia Vidal nous a fait le plaisir de passer en coup de vent en Belgique. A cette occasion elle proposait à un public de connaisseurs un slide-show sur sa vie de grimpeuse en solo. Une occasion rêvée pour interroger la Catalane à la liste d'ascensions en solo impressionnante. Si son nom ne vous dit rien, sachez par exemple que Silvia a grimpé Life is Lilac (VI A4+ 6a, 870m) sur le Shipton Spire (5885m) au Karakoram (Pakistan). Et si vous doutiez encore de ses capacités, rappelez-vous qu'elle a cotoyé l'équipe du CAB-RCT en Terre de Baffin à l'été 2009.

Belclimb: on peut dire que l'escalade est une vocation tardive. Tu as débuté quand tu avais 24 ans. Qu'est-ce qui fait que l'escalade est si spéciale pour toi?
Silvia Vidal: Avant l'escalade, je pratiquais d'autres sports. J'étais curieuse en tout, tant dans les sports d'équipe que dans les sports individuels. L'escalade est arrivée plus tard alors que j'étais à l'université en formation d'éduction physique. J'ai tout de suite ressenti quelque chose de différent par rapport aux autres sports que j'avais pratiqués. Je dirais: la nature, les partenaires de grimpe, les paysages, l'activité elle-même... Au début j'ai simplement suivi mon envie de le faire. Aujourd'hui c'est pareil mais c'est devenu ma façon de vivre.

Tu as donc pratiqué pas mal d'autres sports avant l'escalade. Par exemple l'athlétisme. En quoi ces autres sports t'ont aidé dans ta vie de grimpeuse?
Toute chose est utile. L'athlétisme m'a donné l'endurance et la capacité de décider de continuer alors que tu penses que tu ne peux plus. Quand j'étudiais l'éduction physique j'ai touché à d'autres disciplines et cela m'a permis de répondre aux exigences de chacun des sports.

Inde, Pakistan, Mali, Canada (Terre de Baffin) et Yosemite. Quelle est la destination qui manque et qui devrait vraiment être sur la liste?
Le reste.

Comment se fait-il que tu aies été en Inde et au Mali? Les autres destinations semblent plus logiques. Sont-elles si méconnues que cela?
Le Mali est plutôt connu, Main de Fatima. En ce qui concerne l'Inde on en découvre chaque année un peu plus: Meru Peak, Garwhal, Shivling, Nanda Devi et quelques sommets qui n'ont pas été grimpé depuis un bon bout de temps. Parfois j'essaie de trouver des endroits où ne vont pas s'entasser des masses de grimpeurs.

Laquelle des cultures que tu as pu découvrir as-tu le plus appréciée? Ou devrait-on te voir comme une personne qui trouve son bonheur à la maison?
L'Inde est très belle; j'adore la culture, les paysages, le peuple, ainsi que les parfums et le chaos qui y règne. Autant de contrastes qui font de ce pays quelque chose de spécial. C'est l'intensité.

Qu'entends-tu quand tu dis: 'the house with great panaromic view' (la maison avec vue panoramique)??
Quand tu restes dans un portaledge pendant de si longues durées, cela devient ta maison par la force des choses. La plus chouette partie dans tout ça, c'est quand tu changes de mur et que tu portes ton portaledge quelques longueurs plus haut. Tu changes de vue; de nouvelles montagnes, de nouveaux sommets apparaissent. Une sorte de grande baie vitrée.

J'ai lu dans une autre interview que tu étais accro à la ville. Un peu bizarre de la part d'une personne qui aime être en montagne et qui apprécie les vues panoramiques. En quoi es-tu accro à la ville??
Je ne suis pas accro à la ville. Les interviews sont parfois trompeuses à cause d'une mauvaise traduction ou du fait des changements dans le texte. J'aime Barcelone. C'est une belle ville. Il est important pour moi d'avoir les deux options; montagne et ville. Cela te fait apprécier les deux de façon intense. Les deux ont de bonnes choses à offrir.

Tu réalises la plupart de tes expéditions en solo. Pourquoi apprécier cette solitude? Quelle est la plus-value de cette discipline par rapport à l'escalde accompagnée?
Il n'y a pas de comparaison possible entre un solo et une escalade ave partenaire. Ni mieux ni pire, juste différent. Différent comme les efforts physiques et psychologiques respectifs. J'ai toujours dit qu'il y avait deux types de solitude: la bonne et la mauvaise. Celle que tu choisis de vivre et celle que tu choisis de ne pas vivre.

Comment te prépares-tu aux urgences médicales lors de tes expés en solo?
Je prends juste un kit de premiers secours. Pas de téléphone, pas d'Internet, pas de radio...

Quels sont tes projets en 2011?
Je n'ai aucune de quelle sera ma prochaine expédition ni même de quoi seront faits mes nouveaux projets.
J'ai des plans escalade mais pas pour une expédition, pas pour un projet.

Tijl


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