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Manuela Sigrist

Manuela Sigrist

Une Suissesse de passage en Belgique

19 janvier 2012, 

Manuela Sigrist n'est pas inconnue du circuit international de compétitions. Depuis 2006 sur le circuit jeunes la Suissesse n'a atteint les finales que quelque fois. C'est en accédant à la catégorie junior 2010 qu'on a pu constater une véritable percée. Ces deux dernières années on a pu la voir 6 fois sur le podium dont 2 fois sur la plus haute marche. Comme pour beaucoup de filles, sa dernière année chez les jeunes, 2011, a été une année charnière. Dans son cas, cela s'est confirmé par une coupure de quelques mois pour passer ses examens et mettre fin à toutes ses obligations scolaires. Une fois libérée, elle a décidé de parcourir le monde pendant un an avant de commencer des études. Premier arrêt en septembre 2011 à Schriek chez les Verhoeven. Elle a pris du temps pour s'entraîner à Klimax en vue de la Coupe du Monde qui s'est déroulée au même endroit début octobre. Après les demi-finales nous avons profité du soleil exceptionnel pour se poser avec elle sur le gazon en bord de mur...

Belclimb: Tu termines à la 25ème place, une place gagnée par rapport aux résultats des qualifications. Satisfaite?

Manuela: Pour le moment, avec la forme que j’ai, je suis plutôt contente de mon résultat. Entrer en demi-finale, c’était déjà cool. Grimper une fois encore sur le mur extérieur, c’était super! Ces dernières semaines, je savais que je ne pourrais grimper à Klimax II avec Anak (Verhoeven) qu’une où deux fois avant qu’ils ne démontent les voies pour la compétition. Grimper à Klimax était intéressant mais quand même, dehors, c’est fantastique !

Tu as plutôt bien bougé dans les voies de qualifs, n’est-ce-pas?

Oui, dans la première surtout. Dans la deuxième, ce n’était plus du tout ça mais pas trop mal tout de même. J’ai eu un peu du mal dans les mouvements morpho au début. Après je n'ai plus su aller dynamique. J’ai souffert mentalement… Peur de tomber. En plus sur des plats c’est plus dur d’aller dynamique. Notre sport est assez mental. Dès que tu commences à chipoter, la tête joue un rôle plus important. J'ai encore du chemin à parcourir à ce niveau-là.

Avant l’été tu as pris une pause pour te concentrer sur tes études. Explique-nous.

Je me suis beaucoup moins entrainée à cause des examens du mois d’avril jusqu’au mois de juillet. J’ai su grimper au moins une fois par semaine mais ce n’était certainement pas suffisant pour rester en forme. Il y avait beaucoup de stress et pendant les examens même une petite crise inévitable…

Maintenant, c’est parti pour des années de grimpe?

Au moins un an en tout cas. C’est pour cette raison que j’ai su venir à Puurs pour m’entraîner avant la Coupe du Monde. Sinon, j’aimerais bien combiner des coupes du monde avec des stages en vue d'apprendre d'autres méthodes d’entraînement et d'autres styles de grimpe, … Ici par exemple, le style est complètement différent du style que nous connaissons chez nous en Suisse. Je trouve les différentes méthodes d’entraînement vraiment intéressantes. On se demande comment font les grimpeurs locaux pour se préparer correctement?

Vas-tu commencer des études? Dans l’éducation physique peut-être?

Eh bien, c’est une des options. Mais il y a plein de choses qui m’intéressent. Ca pourrait aussi être prof pour les petits, ou quelque chose dans le domaine médical. C’est dur de choisir. On ne sait jamais ce qu’on veut faire dans dix ans… En plus, j’ai vraiment peur que ça soit vraiment difficile de combiner études et escalade. Il faut savoir tout planifier et comme je suis assez lente et exigeante envers moi-même…

Finalement tu es restée presque trois semaines en Belgique. As-tu apprécié notre pays?

Enormément. J’ai vraiment bien aimé. J’ai fait plein de choses, roulé à vélo et visité quelques villes comme Aarschot, Bruxelles mais aussi Heist op den Berg… Les gens sont gentils et j'ai beaucoup apprécié mon séjour chez les Verhoeven. J’ai su profiter un maximum de ma visite ici.

Qu’est-ce qui restera de ton séjour en Belgique?

Surtout les maisons. Elles sont très différentes de celles qu'on peut trouver en Suisse. Toutes ces petites pierres... baksteinen (ndlr: briques)? C’est très joli. Et sinon, peut-être, le speculoos. Anak m’a montré comment faire avec le thé. Je ne connaissais pas mais une fois que j'ai essayé...
Côté escalade, je n’oublierai jamais les longs mouvs dans la salle ici. Je ne dirais pas qu’en Suisse il n'y a pas des voies avec des longs mouvs mais ici c’est énorme et presque dans toutes les voies. J’avais du mal, déjà dans du 6c. Je me demandais ce qui se passait.
Chez nous, les voies avec des longs mouvs sont appelées les voies pour les hommes et on le sait d’avance. Je les essaie mais en sachant que je vais devoir dynamiser. Ici j'ai dû dynamiser dans chaque voie. Mais enfin, c’était un très bon entraînement parce que c’était rigolo. Après être descendu de ma première voie de qualif le coach suisse est venu me dire qu’il m’a vu grimper comme jamais. Ce n’était pas Manuela, m'a-t-il dit… Tu étais dynamique, c’était bien, je n’ai jamais vu ça.

Est-ce que l’escalade est un sport important en Suisse?

C’est difficile à dire. C’est pas comme le football, le tennis ou la natation mais quand même. Avec le temps, l'escalade prend de plus en plus d'importance. De temps en temps, je demande à des gens s’ils connaissent notre sport et de plus en plus me répondent qu’ils en ont déjà entendu parler. A la télé, un reportage paraît sur le championnat national dans chaque discipline. Pas en direct mais sur un nouveau canal ‘sportfernsehen’ pour les sports moins connus. Ils font des reportages de plus où moins 30 minutes avec interviews des grimpeurs et des coaches. Sur les chaînes nationales, on peut voir des reportages de une à deux minutes. Mais c’est déjà quelque chose, non?

Est-ce qu’ils font aussi des reportages sur l'escalade en falaise?

Pas vraiment. Des fois on peut en voir mais c'est assez rare. Sinon, on parle plus souvent de Ueli Steck… Bien qu'il soit un très bon alpiniste et que ses records soient admirables, je suis assez effrayée par ses prestations en free solo.

Avec du 8a+ à Céuse, est-ce que grimper en falaise est aussi important pour toi que la compétition?

Pour le moment l'essentiel c’est l’entraînement et les compétitions mais la falaise est aussi très importante. C’est plutôt pour les vacances, pour la joie de la grimpe, le plaisir d'être dehors mais aussi parce que tu y perfectionnes ta technique. Du fait de mes études je n’ai pas eu assez de temps pour aller en falaise mais j'espère y aller plus souvent cette année.

Est-ce que tu penses qu’il est possible de ne s’entraîner qu’en falaise pour les compétitions?

C’est une bonne question. J’ai vu un grimpeur qui faisait des 8a et 8b dehors mais à l’intérieur il n’arrivait pas à enchainer des 6c. Alors je me suis démandé ce qui se passait. Je n’ai pas du tout compris. Mais quand même je pense que ça pourrait marcher. Je connais de grimpeurs qui s’entraînent presque exclusivement dehors… Je pense aussi que ça dépend de la falaise que tu choisis. S’il y a suffisamment de dévers, pourquoi pas… D'un autre côté, un falaisiste peut avoir des problèmes à trouver sa séquence d’échauffement pour la compétition. En plus, les mouvements à l’intérieur sont imposés alors que dehors tu peux toujours trouver une alternative.

Et le bloc, est-ce que tu en fais?

Oui, j’en fais pour m’entraîner et je participe aux coupes nationales. Dehors j’ai un peu peur. J’ai cassé mon pied en faisant un dyno. Depuis je ne suis pas 100% à mon avantage. J’aime bien en faire mais j’ai aussi du mal parce que certains mouvements sont vraiment longs. Le bloc fait appel à la force maximale, trés dynamique et ça a toujours été un de mes points faibles.

Selon toi, quel grimpeur mérite une interview et pour quelles raisons?

Ja-In Kim, parce qu’elle est la meilleure du moment et ça m’intéresse vraiment de savoir comment elle s’entraîne et comment elle le fait pour être à chaque fois parfaite. Elle grimpe vraiment sans faute.

Ok, merci bien et bonne chance pour le futur!

Tijl
 


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