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Youth World Championship Imst

Peut mieux faire

1 septembre 2006, 

Plantons le décor : une petite ville de la campagne autrichienne aux balcons et terrasses débordant de cascades de pétunias mauves, bleus, roses, ? Un petit peu à l?écart, dans la verte vallée baignée par une petite rivière, affluent du Inn, se dresse la pyramide métallique de la Kletterhalle, 850 m² de murs d?escalade. C?est là, à IMST, que, durant ce week-end, la famille KNABL et son équipe organisaient de mains de maître, comme à l?accoutumée, les Championnats du monde 2006 d?escalade (difficulté et vitesse) pour jeunes. Durant quatre jours, ils gèreront sans faillir le passage de 379 jeunes en difficulté et 271 en vitesse, faisant fi des caprices météorologiques et des migraines mécaniques des élévateurs récalcitrants.

The show must go on

Pour la « décoration » des murs, il avait été fait confiance, avec raison, au génie créatif de Jorg VERHOEVEN. Dans le dédale des dévers et toits, il a pu créer des parcours très diversifiés, passant toutes les possibilités techniques en revue et agrémentant certaines voies d?une petite touche ludique, module en marche pied pour un départ, stalactite fixée à l?horizontale pour atteindre la dernière dégaine, jump pour saisir le bac final en forme d?anneau, ? Mais la ligne de conduite était bien définie, DIFFICULTE dès les qualifications, la proportion de tops réalisés fut très faible.

La participation était importante et de qualité, plusieurs délégations de 25 à 35 jeunes (Russie, Etats-Unis, Australie,?) venant parfois de loin (Nouvelle-Zélande, Equateur, Corée du Sud) et alignant des grimpeurs ?uvrant déjà sur le circuit international des adultes.

C?est dans ces conditions qu?une fine pluie de poussières d?étoiles de magnésie a recouvert, notre équipe d?un linceul blanc. Seuls Chloé GRAFTIAUX et Yannick PASQUAZZO sont parvenus à se dépêtrer des qualifications et à atteindre, la quatrième place pour Chloé, et la 18ème pour Yannick. Avec des fortunes diverses, tous les autres restant à quai dès le premier tour. C?est peu pour une équipe de 16 jeunes !

Mina Markovic

Mais voilà, n?oublions pas que nous sommes là, au plus haut niveau de la discipline (dans chacune des catégories) ; et à ce niveau, la moindre petite erreur, aussi minime soit-elle, se paye au grand comptant et sans filet. Ceci est vrai pour les nôtres mais aussi pour Caroline JANUEL, championne sortante, éliminée en ½ finale sur zip, Christina SCHMID, podium possible, idem? Mais dans cet ordre d?idée, il faut également évoquer la préparation tant d?un point de vue matériel (équipement adéquat, complet ?), psychologique, mais aussi technique. Est-il normal que les nôtres rencontrent tellement de difficultés à grimper en tête ? Dégaines dépassées !, Cliffages laborieux !, Ont-ils réellement la possibilité de travailler ces gestes lors de chaque entraînement ? Poser la question, c?est y répondre, non. Il faut savoir que les plus méticuleux et courageux se déplacent ponctuellement chez nos voisins hollandais pour parfaire et automatiser ce geste ! Alors, lorsque l?on sait qu?un athlète de haut niveau, coureur de cent mètres par exemple, s?entraine parfois deux saisons complètes pour gagner 1/10 de seconde, qu?est-ce que nos jeunes pourraient gagner comme temps et énergie en peaufinant déjà ce geste fondamental, et ainsi aussi éviter de se faire arrêter, deux fois lors de la même compétition, pour dépassement du temps imparti.

Yannick Pasquazzo

Ceci précisé, tous nos jeunes ont grimpé avec un c?ur gros comme un bac final. Ils méritent tous, toutes nos félicitations et nos encouragements. Espérons que pour la prochaine édition des championnats du monde, en Equateur, ils aient pu profiter d?un entraînement et d?un encadrement encore meilleurs, ce qui semble bien être la volonté des deux ailes linguistiques de nos fédérations et qu?ainsi, leur mental soit également prêt à absorber la pression de la compétition de haut niveau.

Revenons-en à cette compétition. Elle fut grandiose par l?intensité des luttes, tous les titres furent intensément disputés, au point que Charlotte DURIF (F) est la seule à parvenir à conserver son titre acquis en 2005 à Bejing (Chine). Notons cependant que dans la même voie, mais dans la catégorie des plus jeunes, Johanna ERNST (A) réalise un meilleur parcours et va taper nettement plus loin. Même l?impensable a été réalisé, le japonais Sacchi ANMA se permettant de déboulonner David LAMA (A), Jakob SCHUBERT (A) profitant de cet instant de doute pour s?intercaler à la 2ème place. Notons aussi deux doublés, vitesse et difficulté, pour le Canadien MC COLL et l?Espagnol MATEOS. Au niveau des médailles si Charlotte DURIF arrache la seule médaille d?or pour la France (3 médailles en 2006 pour 5 en 2005), c?est l?Autriche qui enlève la palme avec 9 médailles (diff. 7 + vit. 2) devant la Russie 7 (1+6) et les USA 5 (1+4).

Sean McColl

Du fait de très mauvaises conditions climatiques, la vitesse débutée sur un mur extérieur, s?est terminée à l?intérieur et a vu les russes confirmer leur suprématie dans cet exercice spectaculaire. Ici aussi Chloé GRAFTIAUX termine à la 4ème place.

André DE BACKER

 


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