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Worldcup Imst

David contre Goliath, Belgique contre Autriche

3 juin 2004, 

La délégation belge en déplacement à Imst ce week-end faisait figure de petit poucet aux yeux de beaucoup d?observateurs. Face à l?armada autrichienne forte de 24 grimpeurs, Muriel Sarkany, Chloé Graftiaux et notre nouveau novogradiste, Nicolas Favresse, n?en étaient pas moins hyper-motivés à la perspective de briller à nouveau en Coupe du Monde. En cause, leurs résultats respectifs lors de la première manche de Puurs où un classement dans le top 10 avait couronné leurs efforts respectifs.

Chloé Graftiaux

C?était sans compter sur le mur gigantesque de la Kletterhalle Imst. Véritable géant du circuit international avec ses 22 mètres de haut, il avait de quoi impressionner les non-aguerris. Privilégiant les efforts longs et intenses, c?est de continuité dont les grimpeurs avaient besoin ici, au contraire d?il y a un mois où la résistance sur petites prises de nos compatriotes avait fait merveille.

Pas de quoi effrayer Muriel pour qui Imst rimait avec succès vu ses quatre victoires ici-même lors des éditions précédentes.

Foi de Championne du Monde en titre, les qualifications et demi-finale furent les plus dures jamais vécues par elle. Ce n?était plus de continuité dont nos grimpeurs avaient besoin mais bien de hargne. Des voies longues de plus de 45 mouvements dans des dévers à 45° d?inclinaison en moyenne leur avaient été concoctées. Autant dire que seuls les plus endurants allaient triompher.

Malgré son expérience et sa maîtrise habituelle, Muriel se fit surprendre à deux reprises. En qualifications tout d?abord, où elle hésita lors du clipage de la dernière dégaine, ce qui lui valu une désescalade dans la voie et pour nous, une grosse frayeur qu?elle effaça rapidement en sortant in extremis.
En demi-finale ensuite, où elle traîna dès le début et se trouva à dix prises du sommet à une minute de la fin du temps réglementaire. Autant avouer qu?elle s?empressa de foncer? et de chuter sur un pas un peu plus long à trois prises du bac final. Un sprint haletant.

Muriel Sarkany

Pour ce qui est de Chloé Graftiaux, chapeau bas ! Même si elle paraissait déçue de sa 14ème place au général, elle nous fit néanmoins forte impresssion dans les deux premières voies. Une petite erreur de jeunesse ? elle n?a que 17 ans ? la fit chuter en demi-finale alors qu?elle possédait sûrement les moyens d?aller plus haut. Elle se consolera peut-être en apprenant qu?elle est dixième au classement provisoire de la Coupe du Monde.

Du côté des hommes, pas de quoi pavoiser sur la performance de Nicolas Favresse... Littéralement abattu par ses 8 heures d?isolement, il fut surpris dès l?entame des choses sérieuses dans la voie de qualification. Beaucoup de regret sur le moment avec une 55ème place, mais une déception qu?il parvint à effacer le lendemain en s?offrant douze voies dont un 8b+ dans une falaise de la région?

Restait donc en lice une seule représentante belge. Que dire de ces finales hormis le fait que Muriel Sarkany opéra un changement radical dans sa façon de grimper. Plus directe, plus précise, elle n?hésita pas un seul instant. Passant quatrième sur huit concurrentes, elle mit la barre très haut en jetant sur l?avant-dernière prise. Le ton était donné.

Sandrine LevetRestaient après elle la Française Sandrine Levet et les Autrichiennes Bettina Schöpff et Angela Eiter.
La première, malgré sa superbe performance en demi où elle sortit la voie, ne parvint pas à refaire pareil au stade ultime de la compétition, manque de continuité oblige. Les deux autres par contre, démontrèrent leur capacité à se donner au maximum.
Betti tout d?abord qui grimpa de façon nette et franche jusqu?au sommet et tomba au même niveau que Muriel.
Angie ensuite qui hésita à multiples reprises mais dont on savait qu?elle ne lâcherait pas. C?est ce qu?elle fit. Et jusqu?en haut s?il vous plaît. Ou presque? puisqu?un cafouillage des pieds l?empêcha de sortir la voie. Elle chute une prise au-dessus de Muriel et Bettina.

Au jeu des ex-aequo, c?est Muriel la perdante. Réalisant une moins bonne perf en demi-finale, elle se classe troisième derrière Bettina Schöpff.

Du côté des hommes, le spectacle offert fut plutôt mitigé. Deux des favoris, Puiblanque et Usobiaga, par malheur Espagnols tous les deux, n?atteignirent pas la moitié de la voie. Dommage quand on sait qu?ils possédaient franchement le niveau pour sortir la voie.

Cédric Lachat, fidèle à son habitude, met la barre très haut dès le début. Il a l?honneur d?ouvrir les hostilités et tombe à quelques encablures du bac final. Tomas Mrazek s?en sort un peu mieux en valorisant une prise de plus. Alexandre Chabot tombe quant à lui un cran plus loin sur une réglette intenable que les ouvreurs avaient pris soin de placer en sortie, histoire de ne pas provoquer de super-finale.
La fête qui suivait ne le permettait pas. En Autriche, toute fête qui se respecte commence effectivement à l?heure !

Les lauréats

Que David se console, ce n?est que partie remise?

Hubert


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