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Interview avec Marjolein De Bruycker

Everest sans frontières

4 mai 2007, 

Pour Marjolein De Bruycker, la vie est une succession de projets. Depuis qu?elle est sortie de ses études elle parcourt le monde à la recherche de défis. Expéditions, sommets, voyages de toutes sortes égrainent son quotidien. A 27 ans, la jeune Bruxelloise est déjà une baroudeuse. Une vraie globe-trotter. La preuve, son carnet de route compte une bonne quinzaine de pays sur quatre continents. Et pas des destinations fast food s?il vous plaît: Pérou, Cambodge, Laos, Bangladesh, Russie, Kenya, Maroc, Tibet et j?en passe.

Marjolein De Bruycker

Parmi ses réalisations en altitude, l?Aconcagua, le Kilimanjaro, le Mont Blanc et le Cho Oyu. 8201 mètres sans oxygène. Le personnage est cerné. Pas besoin de vous dire que quand je lui ai demandé si cela lui importait d?être la plus jeune Belge à réussir l?ascension du Mont Everest, sa réponse est tombée comme un couperet. « Cela ne m?intéresse pas de rester dans le souvenir comme celle qui a été la plus jeune à réussir l?Everest. La notion de record a peu d?importance pour moi. Je trouverais ça sympathique, mais ce n?est pas pour cela que je tente l?ascension. » A ses yeux, seul le challenge a son importance. Peu importe que l?on reste dans l?histoire pour ceci ou cela, l?Everest on le grimpe pour soi et pas pour les autres.

Everest sans frontières L?aventure de Marjolein a cependant un autre parfum. La performance sportive est accompagnée par la mise en avant d?un objectif humanitaire. « Par le biais de cette expédition j?aimerais mettre en avant Médecins sans frontières. Ayant voyagé dans certains pays en voie de développement j?ai découvert toute l?importance de l?accès aux premiers soins et aux médicaments les plus courants. Je me suis dit qu?il serait bien d?encourager les gens à soutenir mon expédition par le biais d?un don sur le compte de Médecins sans frontières. » Autant dire que sa formation de pharmacienne la pousse à penser à l?humain avant tout. De là est née son expédition : Everest zonder grenzen (traduisez Everest sans frontières).

Etre préparée

Cela fait deux ans qu?elle y pense. Deux années de préparation assidue pendant lesquelles Marjolein a dû rassembler les fonds indispensables pour tenter l'exploit. Son sentiment à propos de l?aspect sponsors est d?ailleurs sans équivoque. « Organiser une expédition est extrêmement coûteux. Il est très important d?être créatif pour pouvoir rassembler l?argent nécessaire. Il en est de même pour créer une entreprise ou pour devenir un bon grimpeur. Cela ne se fait pas en un jour... Merci à mes partenaires de m?avoir offert cette chance ».

Au sommet du Cho Oyu

A 8000 mètres le mental est aussi important que le physique, si pas plus.S?est ajouté à cela un entraînement physique assez pointu constitué de courses à pied, de natation et d?escalade en salle. « Je n?ai pas suivi de schéma d?entraînement spécifique. Il m?a suffi d?écouter mon corps. Ma préparation s?est faite à trois niveaux : physique, logistique avec la récolte des fonds et la gestion du matériel et des déplacements et enfin, mental? A 8000 mètres le mental est aussi important que le physique, si pas plus. Des choses qu?on mène facilement à bien au niveau de la mer sont incroyablement plus complexes à réaliser. Ne serait-ce que mettre ses chaussures ou tout simplement suivre le bon chemin vers le sommet. Il faut essayer de prévoir tous les scénarios à l?avance, même si certains nous échappent. Dans ce sens, une expédition, c?est avant tout savoir rester flexible, pouvoir laisser tomber une option et se tourner rapidement dans une autre direction. »

Le toit du Monde

A propos de la réussite

Qui va loin, va bien. Qui va bien, va loin.Marjolein reste les pieds sur terre même s?ils vont fouler le sommet le plus élevé du globe. Elle tentera l?ascension par le Nord, via la voie Mallory, côté tibétain. « Il y a certaines choses qu?il faut savoir dépasser. Les mettre dans un coin de sa tête et passer outre pour pouvoir avancer. Il est néanmoins important de ne pas trop se focaliser sur le sommet. Une fois arrivé, tu n?as effectivement parcouru que la moitié du chemin. Il faut en garder sous la pédale. J?aimerais vraiment y parvenir, mais si les conditions ne le permettent pas ou si je sens à 200 mètres du but que je n?aurai plus assez de force pour redescendre, je fais demi-tour. Je grimpe pour moi-même avant tout autre chose? Dans les conditions actuelles, l?expédition est déjà un succès, parce que je l?ai montée, parce que je suis parvenue au camp de base, pour ce que j?ai récolté au profit de Médecins sans frontières. Le sommet vient en plus. »

L?Everest, aussi majestueux qu?il puisse paraître, n?est qu?une étape dans la vie bien chargée de la jeune Néerlandophone. Sa priorité, revenir sur le plancher des vaches. Tout le reste est du bonus. Difficile de présager du futur mais on peut en être certain, il y aura d?autres projets. « Qui va loin, va bien. Qui va bien, va loin. » Un modus vivendi pour Marjolein De Bruycker.

Hubert

Soutenez Médecins sans frontières

Vous voulez soutenir Marjolein ? Faites un don sur le compte de Médecins sans frontières :

MEDECINS SANS FRONTIERES
Rue Dupré 94
1090 Jette
Compte en banque n° 000-0001018-48
(en mentionnant 'Everest zonder Grenzen')

Plus d?info

Son site officiel : www.everestzondergrenzen.be
Son blog pour l?encourager : http://everestzondergrenzen.blogspot.com/

Partenaires de l?expédition

As Adventure, The North Face

 


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