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Dans les Andes

vue de l'intérieur...

25 février 2003, 

26 juillet 2002, 6 heures du matin. Ce jour tant attendu arrive enfin. Nous sommes à l'aéroport, bagages enregistrés, il ne nous reste plus qu?à dire au revoir et c'est parti! 16h30 plus tard l'avion atterri à Lima. Difficile d'apprécier l?ambiance: les jours précédents, des émeutes contre le gouvernement ont éclaté et il y a des flics partout. Cela commence fort.
Après une bonne nuit de sommeil, c'est parti pour 18h de bus jusque Arequipa. Nous allons directement à l'ACDA, l?ONG pour laquelle nous avons transporté livres et médicaments.
La directrice nous offre le petit déjeuner et nous fait visiter l'école où les enfants nous font un accueil de star, avec autographes, chansons et séances photo. A part ça, Arequipa est LA ville où il faut manger des glaces à 5 boules avec des fruits et du coulis!

Petit indien

Trek... d'approche

Après quelques heures de route, dans des bus assez... petits dirons-nous (forcément, pas adaptés à la taille des occidentaux...), nous sommes au 1er trek: le Cañon de Colca. Étant donné que nous ne sommes pas acclimatés (les collines belges sont peut-être vallonnées mais pas entre 2000 et 5000m d'altitude), nous choisissons l'option "mules". Porter des sacs avec 5 jours de bouffe dedans, c'est un peu lourd. Nous descendons jusqu'au fond du canyon pour passer un pont suspendu, magique, et remonter vers le bout du monde... Pendant les 5 jours de trek, on a croisé des cascades comme dans les pubs pour Tahiti douche, on a mangé des fleurs de cactus (des épines plein la bouche).
On en a vu de belles avec l'altitude (vu qu'on est des gens de la plaine)... "mâchez des feuilles de coca" qu'il nous disait le guide (mouais, ça non plus on n?est pas acclimatés!) alors que nous crachions nos poumons pour passer un col à 5150m!!! Après 4 jours d'effort intense (sans les sacs, hein) et de bouffe pâteuse (vive le gasoil latino?) nous reprenons un bus où beaucoup auront passé la pire nuit de toute l'expé, debout ou allongé par terre entre les rangées !).

Première ascension, premiers souvenirs

Notre ascension du Misti (5825 m) fut un magistral succès: 11 participants au sommet du cratère!!! 1er jour, 6h de marche avec sac à dos cette fois (histoire de nous découvrir une réelle compassion pour la vie des mules) pour arriver jusqu'au camp de base à 4700m (pas très loin du Mt Blanc, en somme ...). Soirée certes froide, mais très animée, avec une superbe vue sur la ville d'Arequipa quelques 2400 m plus bas, scintillant de mille?500?200 lumières. Tiens, ici aussi, les pannes de courant ça existe. On se couche tôt, et on essaye de dormir!

Bord du cratère du Parinacota

2ème jour, lever à 1h du mat... bouhh, ça caille!!! "debout les gars, réveillez vous, il va falloir en mettre un coup !!!" Petit déjeuner assez tardif, les réchauds n'en faisant une fois de plus qu?à leur flamme. 2 heures dans l'obscurité, sur un vague sentier se perdant dans la caillasse et dans la cendrée où chaque pas nous rappelle ces affreux cauchemars, où l'on tente en vain de s'échapper alors que le sol meuble nous maintient sur place et puis, c'est enfin le lever du jour! On espère alors pouvoir se réchauffer sous les rayons du soleil, mais il n'en est rien car ce farceur se lève pile de l'autre coté du volcan... Bref, on se fait une raison ... on caillera comme ça jusqu?au sommet.
La vue sur Arequipa est fabuleuse, une moitié de la ville se réveille sous les rayons du soleil, tandis l'ombre du volcan laisse l'autre moitié dans le froid... Ca monte, ça monte, la motivation tient bon, même si pas mal d'entre nous commencent à ressentir les effets de l'altitude ... ivresse, joie, nausée et migraine...
Vers 9h, nous arrivons au col, à 10h, au sommet. Nous sommes tous aux anges (en tout cas, au plus près).

Lever de soleil sur le Sajama, depuis le Parinacota

Quelques photos, un peu d'eau, un biscuit et c'est parti pour la descente, pfiuuu ça va vite.
Sauts, chasse neige et roulé boulé pour les moins doués, on en a plein les pompes, mais qu'est ce que c'est gai!!! Retour au camp de base vers 14h. On se repose, on mange un peu, et puis c'est avec beaucoup de peine qu'on tente de s'activer pour tout remballer et entamer la dernière descente jusqu'à la piste où nos 4x4 nous reprendront pour retourner sur Arequipa, sous un magnifique coucher de soleil. La ville s'endort sous le regard bienveillant du Misti et chacun d'entre nous dans son lit repense à cette fameuse journée "il y a à peine quelques heures, j?y étais!!!"

La Paz et le reste...

Au premier abord, La Paz nous semblait sâle, bruyante, bondée mais aussi et surtout très pauvre. Plus on se situe en altitude dans la ville et plus on est pauvre. Plus on vit au centre et donc dans le fond de la ville, plus on a d?argent. Après quelques jours, on commence à trouver ses points de repère: le marchand de beignets troisième rue a droite, la vieille madame qui vend ses jus en face de l?hôtel, celle qui vend ses délicieuses tranches d?ananas près de la cathédrale, le mendiant qui tourne toujours autours de la poste, « kick » notre restaurant chinois favori et le quartier plus typique pour l?artisanat où tout le monde s?est esquinté à marchander un maximum...
Bref, au bout d?un moment, on sympathise avec 2-3 personnes qui nous reconnaissent et sont du coup beaucoup plus aimables. Cela nous permet de mieux apprécier la ville et ses habitants. En revanche, on a beau y rester aussi longtemps que l?on veut, on ne parviendra jamais à traverser la rue sans risquer de se faire écraser!!! Et oui, ici, les piétons ne sont pas prioritaires et pour les automobilistes, moins ils utilisent leurs freins, plus ils sont contents... Ils roulent, foncent et si quelqu?un ose s?aventurer sur la route c?est à ses risques et périls. Priorité au klaxon puis... encore au klaxon et puis... aux phares et finalement si vraiment c?est nécessaire, on changera de bande, quand c?est possible!

Vue sur le condoriri depuis le camp de base de l'Alpamayo Chico

De la capitale, 5h de trajet jusque Chunavi sur une route toujours au bord du précipice, sensations garanties. De là, 2 jours de trek dans la purée de pois et la pluie, pour descendre de haute cordillère vers la forêt amazonienne où une machette aurait parfois été utile mais où il ne pleuvait plus. Sur ce coup-là, on peut féliciter les Incas. Leur chemin, là, entre la cordillère et la forêt, il est splendide, enfin quand on en voit quelque chose. Mais splendide quand même avec une ambiance de films sur le Viêt-Nam mais sans la guerre!
Après 3 jours de forêt tropicale, nous aussi on a eu notre dose de gouttes, les milliards de moustiques en prime... On a vraiment pas eu de mal à lever le camp le dernier jour. C'est courir assez vite pour échapper aux mouchettes qui était difficile, de la boue jusqu'aux genoux par endroits! Ambiance magique donc, entre les éclaircies, les trouées dans la forêt et une solitude (toute relative, nous sommes treize quand même) dans une nature plus sauvage que tout ce que nous avons pu voir jusqu'à présent. Nous arrivons, après trois jours, dans les vallées fertiles des Yungas où l?on trouve bananiers, orangers, citronniers,... Nous passons la nuit non loin du village de Chulumani que nous rejoignons le lendemain après avoir passé une soirée à nous régaler d?oranges cueillies sur les arbres. Nous rentrons ensuite à La Paz, de nouveau par une route où il ne faut pas avoir peur (les routes vers les Yungas sont souvent très dangereuses, c?est ici que se trouve la fameuse route de la mort).

La bouffe!!!

Parlons un petit peu d?un des points qui nous tient tous très à c?ur: la bouffe! Au Pérou c´était pas hyper varié: pollo a la brasa con papas fritas. C´est bon mais pas tout les jours... N´oublions pas les glaces d´Arequipa: 5 boules au choix avec du chocolat chaud et des fruits frais...divin! Au lac Titicaca, nous avons eu de la truite... trop trop bon! Et en Bolivie, nous avons découvert un super chinois que nous avons surnommé kick, une longue histoire! Le pauvre serveur était tellement stressé de voir arriver 13 clients qu´il s´est pris 2 fois la porte de la cuisine dans la gueule. Sans oublier les couteaux qui valsaient dans la cuisine! Un midi à La Paz, on a craqué et on est allé manger de ces pizzas? 2 pizzas interminables!! Enfin c´est ce qu´ils disaient parce qu´elles ne faisaient QUE 70 cm de diamètre!!!
En trek, c?est différent: lyophilisés, pâtes, pain sec et... ketchup quand il n?y a plus rien à mettre dessus!

Derniers sommets

Nous repartons pour l?ascension de l?Alpamayo Chico (5370 m) dans la cordillère royale. Réveil à deux heures du matin, rapide petit déjeuner et à trois heures, départ à la lueur des frontales. Une petite heure de marche dans la moraine et nous mettons pied sur le glacier. Après une première partie peu inclinée, tout le monde gravit les pentes plus raides et nous arrivons enfin au sommet, à 5370 m. La vue y est vraiment magnifique!

L'Alpamayo Chico

Faisons une nouvelle parenthèse pour évoquer les routes boliviennes! Les chauffeurs locaux doivent être les meilleurs du monde! Ils conduisent leur bus ou leur camion à une vitesse vertigineuse sur des routes d?une qualité qui dépasse rarement celle d'un chemin de terre dans nos Ardennes chéries, sauf qu'il faut y rajouter des à pics de plus de 1000m parfois et que les croisements entre bus sont un peu plus périlleux quand on sait que la largeur ne dépasse parfois que de peu celle d?un seul bus! De plus, il n'est pas rare que le chauffeur s'arrête en plein milieu de nulle part pour réparer les freins, resserrer la direction, réparer un pneu ou raccrocher un sac tombé en chemin!
Nous continuons notre aventure au Parinacota, sommet de 6342m. Ce fut une réussite pour la moitié d?entre nous qui atteignirent le sommet. Partis à 1h30, il y avait au moins pour 9h de montée. Tour à tour, ce sont 6 jeunes qui abandonnèrent pour diverses raisons de santé.
Passé la barre mythique des 6000 m, nous pensions que le plus dur était fait mais nous nous trompions car les 2h qui suivirent furent, les plus dures de notre vie. Enchaîner dix pas les uns à la suite des autres était d'une difficulté immense. Vint enfin le sommet! Vite le temps de prendre quelques photos et il fallu redescendre. Il nous restait encore 3h jusqu'au camp de base puis quelques heures de 4x4 pour retourner à La Paz.

Nous partons à présent en 4x4 pour un trip de 4 jours sur le Salar d?Uyuni puis l?Altiplano et la cordillère du sud Lipez. Le premier jour, nous traversons tout le salar arriver au pied du volcan Tunupa, après plusieurs arrêts pour admirer cette magnifique étendue de sel grande comme la Wallonie. Le lendemain, 5 jeunes et Chris font l?ascension du volcan (5400m) qui offre une vue magnifique sur le salar et l?altiplano et nous reprenons les 4x4 pour continuer notre road trip en passant par l?isla del pescado où l?on peut admirer des centaines de cactus géants! Les deux derniers jours de notre périple nous amènent de lagune en lagune et le dernier jour à des geysers de boue blanchâtre en ébullition, avant de passer la frontière chilienne. Nous passons une journée à San Pedro de Atacama pour visiter la vallée de la mort et celle de la lune avant d?entreprendre notre grand périple de retour jusque Lima? et c?est sous les applaudissements que nous franchissons la porte menant dans le hall de l?aéroport à Zaventem! Nous profitons de ces derniers instants tous ensemble après 6 semaines de vie collective pour offrir une bouteille de mousseux à Chris et Zen, nos deux moniteurs et amis pour les remercier de tout ce qu?ils ont fait pour nous ! Le plafond de l?aéroport s?en souvient encore?

L'équipe au Cruz del Condor

Les 13 jeunes du REA-j

Remerciements

Merci à tous ceux sans qui cette merveilleuse aventure n?aurait pas été possible: le CLUB ALPIN BELGE, l'ADEPS et la Communauté Française de Belgique ainsi que toutes les SECTIONS qui nous ont aidé (Brabant, Namur, Liège). STARPOLE, EVOLUTION VERTICALE, ALTITUDE CCM, ARTIACH - SIMOND - TRANGO - LORPEN, LA ROUTE DE JADE.
Sans oublier tous les parents et jeunes qui nous ont aidé à mettre en place cette expédition. A tous et aux jeunes de l?Xpé: MERCI!

Pour plus d?infos sur le REA-j ou sur l?eXpé, une seule adresse: www.reaj.be.tf


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